LYDIA TABARY PROJET concours pour la médiathèque de NOYAL-CHÂTILLON-SUR-SÈCHE (35) - 2008-2009
LYDIA TABARY PROJET concours pour la médiathèque de NOYAL-CHÂTILLON-SUR-SÈCHE (35) - 2008-2009
Noyal-Châtillon-sur-Seiche (35) 2008-09 - P 2
Titre : "Prométhée ou Pandore"
(Construction Cabinet d’architecture Lionel Dunet)
La beauté du lieu et son atmosphère rayonnante tenant à la traversée lumineuse entre les deux pignons de la médiathèque que coupe la cage d’ascenseur, j’ai proposé, avec le souci de renforcer le lien entre intérieur et extérieur, un habillage des deux faces de la cage d'ascenseur donnant vers les pignons. La médiathèque présentant une peau de cuivre en extérieur, l’habillage est en inox brossé et découpé avec cuivre apparent dans les découpes.
L'intervention comprend trois parties complémentaires :
Le premier panneau, en rez-de-chaussée haut renvoie la lumière de l'entrée et ses variations selon l'intensité de la présence humaine dans le lieu. Rectangle horizontal, il s'accorde à la forme globale de l'espace.
Deux éléments plus grands se dressent aux niveaux 1 bas et haut, également au-dessus des portes de l'ascenseur. Leur forme globale comme les découpes verticales rappellent l'architecture extérieure (façades nord et est). La forme très allongée de ces dernières permet d'alléger la masse de l'ascenseur et peut évoquer la danse des indicateurs de modulomètres (clin d’œil au secteur audio-visuel).
Propos artistique
Pour aborder les thèmes de la curiosité, de l'imaginaire et de la connaissance, j'ai opté pour un travail évoquant les mythes de Prométhée et de Pandore.
L'interprétation de l'œuvre plastique peut ainsi se faire en référence à un patrimoine culturel (musical, littéraire et scientifique) qui, dépassant largement le domaine visuel, est bien au centre des missions de conservation et de diffusion d'une médiathèque.
En effet, au-delà du livret d'opéra de Voltaire (nommé Pandore ou Prométhée), il existe également un livre de Robert Cresswell, ethnologue (publié en 1996 aux éditions KIMÉ) qui porte le titre de "Prométhée ou Pandore" (1). C’est avec l’autorisation de l’auteur que j’emprunte ce titre.
Par ailleurs, la référence à ces mythes fait que la cage d'ascenseur n'est plus le support mural neutre de tableaux, mais devient l'œuvre elle-même, puisqu'elle peut être symboliquement assimilée au bâton creux de Prométhée ou à la jarre de Pandore : traversant et reliant tous les niveaux, dotée de portes qui s'ouvrent ou se ferment sur chacun d'eux, la cage d'ascenseur devient une boite contenant ou transportant de multiples éléments culturels (au sens le plus large) susceptibles d'apporter les bienfaits de Prométhée (connaissances) ou de faire encourir les risques de Pandore (applications néfastes apportant les maux).
La montée et la descente de l'ascenseur vont également dans le sens d'un double mouvement d'élévation pour l'apport et d'abaissement pour le retour (aux réserves, notamment), renvoyant à l'usage qui en est fait. Le panneau du rez-de-chaussée est à cette fin composé de deux parties fonctionnant en miroir vertical décalé pour les découpes rectangulaires (vers le haut ou vers le bas), chacune d'elles portant un morceau de l'inscription "Prométhée / ou Pandore", clef du sens de l'œuvre.
La forme du projet proposé (surfaces découpées laissant voir la couche de métal du dessous) n'est pas innocente tant pour le sens du travail (vision parcellaire et duale) que pour ses liens avec mes travaux antérieurs : les "trames verticales" était déjà très présentes dans mes travaux picturaux de la fin des années 90.
La recherche est ici du même ordre, donner à percevoir un espace de vie où intérieur et extérieur se mêlent et où l'on ne peut discerner ce qui est représentation de ce qui est reflet de la réalité.
(1)Prométhée ou Pandore ? Propos de technologie culturelle. CRESSWELL Robert
Prométhée dérobe aux Dieux les connaissances permettant aux hommes de se libérer des contraintes de la nature. Pour se venger, ses derniers lui envoient Pandore, portant une boîte remplie de maux. L'homme moderne, fort de ses techniques, peut-il suivre la voie ouverte par Prométhée ou doit-il succomber à la revanche des Dieux? L'auteur propose une approche originale de la technologie culturelle et des relations entre logique et histoire.
Robert Cresswell, directeur de recherches au CNRS, a mené pendant 40 ans des recherches anthropologiques théoriques et de terrain. Il a également enseigné à l'Université de Paris V. Il est le fondateur de la revue Techniques et Culture.
ISBN 2-84174-037-4
1996 | 394 p.| 35 €
